Le 16 février, Christel Diehl nous livre son premier roman, Enola Game. Un livre singulier sur le destin d'une mère et de sa fille. Un livre bref où tout est dit. L'horreur y côtoie l'émotion la plus pure.
Une jeune femme et sa petite fille vivent enfermées dans leur maison. À l’origine de cette claustration, il y a Enola Game, une catastrophe dont on ne connaît pas la nature exacte : accident nucléaire ? Conflit mondial ? Guerre civile?
Au fil des semaines, malgré sa peur et son chagrin, la mère puise dans sa mémoire et ses lectures mille raisons de célébrer la vie. Les mots de Mallarmé qu’elle recopie dans son journal intime trouvent une résonance particulière dans le vide de son huis-clos :
«Ma faim qui d’aucun fruit ici ne se régale, trouve en leur docte manque une saveur égale.»
Cependant, tandis que la mère louvoie entre sa douleur, ses souvenirs magnifiés et sa volonté farouche de donner un sens à la vie de son enfant, les quelques nouvelles du monde qui lui parviennent encore sont chaque jour un peu plus alarmantes.
In fine, la question de ce roman pourrait être : que reste-t-il quand il ne reste rien?
Enola game, c’est le nom que donne la narratrice de ce roman à la catastrophe qui les a contraintes, sa fille et elle, à vivre recluses dans leur maison. Un jeu de mot en référence à Enola Gay, pour une catastrophe mystérieuse survenue sans crier gare, sous la forme d’une grande lumière. Depuis, les communications sont coupées, l’eau est d’une couleur douteuse et il n’y a plus d’électricité. Alors cette mère et sa fille vivent un quotidien précaire, puisant jour après jour dans leurs réserves de nourriture, et instaurant des petits rituels pour chasser l’angoisse et donner à cette survie des aspects de normalité. Comme si elles attendaient simplement que leur vie d’avant reprenne son cours.
Ce petit roman, le premier de Christel Diehl, est un huis clos angoissant dans lequel on plonge sans pouvoir le lâcher. On pense à d’autres livres tels « La route » ou « Je suis une légende », mais l’auteur a son propre style pour décrire cette vie qui bascule dans le vide d’une seconde à l’autre, pour une raison que l’on ignore. Le vide de jours où il n’y a plus aucune contrainte, et où on peut à la fois goûter et avoir peur de tout ce temps retrouvé. Un temps que cette mère met à profit pour lire, écrire, jouer avec son enfant. Et se souvenir des moments passés qu’elle n’a peut-être pas apprécié à leur juste valeur puisqu’ils étaient supposés durer.
Cette histoire effrayante est, au-delà de l’intrigue, une réflexion sur le sens de nos vies dominées par une course contre le temps, et par une société de consommation qui nous fait croire que l’essentiel est de posséder toujours plus, au risque de nous éloigner de l’essentiel. Je suis ravie d’avoir eu la chance de découvrir ce premier roman prometteur, et remercie vivement Babelio pour son opération Masse critique, ainsi que les éditions Dialogues, jeune maison d’édition brestoise que je vous invite à découvrir plus avant ici.
# Rédiger un article critique de 800 à 1400 mots présentant le premier roman de Christel Diehl, intitulé Enola Game
# Les participants auront la possibilité (facultative) de poser chacun une à quatre question(s) à l’auteur par e-mail à l’adresse clefdoeuvre@gmail.com et d’insérer ensuite tout ou partie de ses réponses dans leur texte.
# Les auteurs des trois meilleurs articles recevront un prix en chèque-livres de respectivement 200, 150 et 100 euros ainsi que des ouvrages publiés récemment par Dialogues.
# Chaque article devra être adressé à clefdoeuvre@gmail.com en document joint sous word et accompagné d’un message précisant les nom, prénom, âge et adresse postale de son auteur, ainsi que sa filière d’études avant le 01/05/2012.
Les résultats seront rendus publics le 1er juin 2012 et la remise des prix aura lieu courant juin 2012.
# Les lauréats qui ne pourront se rendre à la remise des prix recevront leur récompense par courrier.
# Le comité de lecture sera constitué de professionnels du livre (libraires, écrivains, bibliothécaires etc.) et de lecteurs passionnés. Les membres de ce jury, ainsi que leurs familles, ne sont pas autorisés à concourir.